Les Thérapies alternatives 


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Sylvie FONTENIER-PECQUEUR

 

Psychothérapies Psychanalytiques

 

Elles ont pour principe le maintien du cadre théorique et des règles fondamentales de la psychanalyse, tout en permettant plus de souplesse. Comme la psychanalyse, elles ont pour but non pas la disparition des symptômes (qui sera une conséquence du travail) mais bien l’appropriation par le sujet de sa vie psychique inconsciente.

En revanche, alors qu’en psychanalyse l’analysé est allongé sur un divan, l’analyste se tenant derrière lui, les psychothérapies analytiques se pratiquent en face à face. Ce face à face induit forcément des modifications : le regard du thérapeute vient s’ajouter à son écoute et joue un rôle actif dans le processus, de même que la perception visuelle du thérapeute par l’analysé. Le thérapeute n’est pas tenu au silence et participe au processus.

La psychothérapie analytique, en raison de la communication en face à face, a souvent une fonction de réparation narcissique. Elle peut être un premier palier qui prépare le patient à l’engagement dans une analyse classique, bien que constituant en elle-même une thérapie à part entière qui s’avère souvent suffisante.

Objectifs des psychothérapies psychanalytiques

Ceux qui s’adressent à un analyste sont mus par l’envie de comprendre ce qui leur arrive et pourquoi ils souffrent

 

(« Pourquoi est-ce que j’échoue toujours là où je souhaiterais réussir ? »

« Pourquoi ces douleurs chroniques alors que mon médecin m’assure que je n’ai rien ? » etc.).

 

Pour reprendre une expression métaphorique du réalisateur Serge Moati,

 

« on peut décider d’entrer en analyse, tout simplement parce qu’on sent un caillou dans sa chaussure » :

 

une petite gêne inexplicable, mais handicapante, dont on ne parvient pas à se débarrasser seul… Or une telle position requiert justement une dose de lucidité dont ne dispose pas un individu en plein délire ou totalement désespéré. En fait, les personnes qui vont vraiment très mal bénéficient de traitements médicamenteux ou se font hospitaliser.

 

Je connais mes problèmes et je peux les analyser seul

 

Certaines personnes, en dehors de toute analyse, s’efforcent de déchiffrer leurs rêves, de saisir les raisons de leurs difficultés. Mais il est impossible d’avoir accès, en solitaire, à son inconscient !

 

Connaître ses problèmes ne signifie pas connaître leurs solutions.

 

Bien au contraire. En effet, quand on réfléchit sur soi, seul, ou même avec un ami, on emprunte toujours des chemins identiques de réflexion.

 

Résultat : on tourne en rond. Pour mettre fin à ce ronronnement et laisser émerger le matériel inconscient, la présence de l’analyste est indispensable. Surtout, on ne va pas en analyse pour rencontrer ce qu’on connaît déjà, mais pour faire surgir une vérité qu’on ignore.

 

Se conditionner à prendre soin de soi

 

On peut avoir l’impression que les individus qui décident d’entrer en analyse sont très centrés sur eux-mêmes. Pourtant, pour la majorité, ils sont victimes de mécanismes inconscients qui les poussent à se consacrer davantage à la satisfaction des autres qu’à la leur : c’est même la cause principale de leur souffrance.

 

Par conséquent, l’analyse leur permet de s’occuper enfin d’eux-mêmes. Effectivement, les premiers temps, ils ne s’intéresseront qu’à leur personne. Mais, le moment venu, il s’agira aussi de sortir de cette phase et de se doter d’un « honnête égoïsme », qui consiste à savoir prendre soin de soi, sans pour autant se désintéresser des autres.

 

Parler est inutile

 

Parler à quelqu’un qui n’ouvre pas la bouche est inutile

 

Non : parler à un autre ne l’est jamais ! Ensuite, le psychanalyste n’est pas « quelqu’un qui n’ouvre pas la bouche ». S’il parle très peu, c’est pour laisser le patient s’exprimer et lui permettre de construire ses propres solutions. Tout son art est de dire les choses importantes au moment adéquat. Ses interventions sont calculées : l’analyste « ouvre la bouche » pour ponctuer, orienter, soulager un patient trop angoissé.

 

Il a conscience que trop en dire peut provoquer chez ce dernier un surcroît d’angoisse. De plus, son rôle n’est pas de se poser en conseiller, en maître, en modèle : ce type de démarche emprisonne.

 

Cela va totalement me transformer

 

Se transformer est précisément l’enjeu d’une analyse ! On ne fonctionne plus comme avant, il se produit une rupture.

 

Si un certain nombre de fonctionnements demeurent (il est exceptionnel, par exemple, qu’un intellectuel se mette à dédaigner les choses de l’esprit), le rapport aux autres, à la vie, se modifie en profondeur et on en tire davantage de bénéfices. Quelqu’un qui ne s’aime pas et manque de confiance en lui acquerra plus d’assurance.

 

Il ne s’aimera pas forcément plus, mais la question de « s’aimer ou non » aura moins d’importance à ses yeux et n’entravera plus ses relations sociales.

 

Non, la psy ne permet pas de trouver l’âme sœur

 

Autre idée reçue très prisée actuellement : il suffirait de s’allonger sur un divan pour mettre fin à sa solitude affective et trouver l’homme ou la femme de sa vie.

 

Si seulement c’était vrai ! Malheureusement, les analystes ne sont ni fées ni marieurs. En réalité, une analyse aide à comprendre pourquoi on rate ses relations sentimentales, sans garantir pour autant la réussite d’une prochaine rencontre. Disons qu’elle permet de renoncer à ses attentes et comportements névrotiques pour, éventuellement, se mettre en position de construire une relation viable avec un partenaire.

 

Ce qui n’est déjà pas si mal…